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Du Ve au XXIe siècle, l’astronomie est présente à Lyon, portée à bout de bras par quelques remarquables personnalités. Cette "science inutile" accompagne la lente transformation de la société lyonnaise, sans atteindre l’éclat qu’elle connaîtra dans d’autres villes universitaires. Il est vrai que Lyon, campée sur son confluent, est une ville de commerce et de tradition, où la culture -surtout si elle est scientifique- a du mal à être reconnue. Et certains choix malheureux pendant la période révolutionnaire briseront net l’essor de l’astronomie locale. Mais quelques vraies "premières" ont également été réalisées à Lyon, de l’installation des premières horloges de Gaule à la découverte des interactions Soleil-Terre... Je vous propose une petite visite guidée des avatars qu’a du surmonter notre discipline, immergée dans la société de son temps, ballottée au gré des politiques locales, au travers d’anecdotes scientifiques ou historiques.
© Gilles Adam, C.R.A.L., Février 2004.
490 : Les horloges de Gondebaud. Le roi burgonde (aussi nommé Gombaud III), qui réside à Lyon, obtient de Théodoric, roi des ostrogoths à Rome, deux "machines marquant l’ordre des temps, sur les mouvements du ciel et des astres". Il s’agit d’un cadran solaire et d’une clepsydre (horloge à eau). Elles sont réalisées sous la direction de Boèce (480-524), philosophe favori de Théodoric (qui finira par le faire exécuter, quand même...). Ce sont, dit-on,les premières horloges installées en Gaule. La longue (...)
Médecine et Astrologie. Au XVe siècle, on n’imaginait pas un médecin soignant un malade sans prendre en compte les données astrologiques du moment, et le thème astral de son patient. Aussi les connaissances astrologiques faisaient-elles partie des acquis de toute formation médicale ; un médecin était ainsi, nécessairement, un astrologue. Mais c’était un astrologue qui, en principe, s’interdisait de faire des "jugements" (que nous appelons aujourd’hui prédictions). Certains se laissaient toutefois (...)
1604 : Apparition de l’enseignement de l’Astronomie à Lyon. Cette année-là, les Jésuites du Collège de la Trinité mettent explicitement au programme des cours d’Astronomie ; c’est une première pour un établissement d’enseignement lyonnais. 1618 - 1694 : Gabriel Mouton, prêtre et astronome. Ce religieux, protégé de Camille de Neufville de Villeroy (Archevêque et gouverneur de Lyon après avoir été curé d’Ainay à cinq ans...), est d’abord vicaire puis perpétuel et prébendier de Saint-Paul à Lyon. (...)
1701 : L’Observatoire du Collège de la Trinité. Il est l’œuvre du Père de Saint-Bonnet, qui y laisse sa vie : la corde d’une grue se détache, le frappe, le jette à bas de l’échafaudage où il était monté pour guider les ouvriers. Il meurt quelques jours après. Le Père Tallandier le remplace et achève la construction. Cette tour carrée est immédiatement jugée assez laide par les lyonnais, et on considère plutôt qu’elle défigure le Collège, déjà pas très élégant... À partir de cette date, grâce à cette nouvelle (...)
1790 : Dissolution de la Confrérie de la Trinité. Toutes les associations para-religieuses, comme les confréries, sont dissoutes, et en particulier la très ancienne Confrérie de la Trinité. Elle n’avait d’ailleurs plus d’activité, si ce n’est l’organisation épisodique d’un bal... 1793 : Destruction de l’Observatoire lors du siège de Lyon. Les Oratoriens du Collège, comme on s’en doute, n’ont pas de raison de soutenir la cause révolutionnaire. Lorsque l’armée des Conventionnels vient faire le siège de Lyon, (...)
1808 : Naissance du Lycée Ampère. C’est le nouveau nom que prend le vénérable Collège... 1817 : Rétablissement de l’Observatoire. L’insistance de François Clerc, professeur au Lycée et Directeur de l’Observatoire, finit par porter ses fruits : la municipalité commence (très progressivement !) à faire quelques réparations dans les ruines de ce dernier ; on commence cette année-là par refaire le toit... Clerc est un esprit de grande envergure. Voici par exemple ce qu’il dit, avec beaucoup de clairvoyance, (...)
1886 : La lunette de Bellecour. La construction de l’Observatoire a donné des idées à certains, et un montreur de merveilles célestes officie sur la place avec sa lunette. 1887 : Le second Observatoire de Fourvière. Il est créé cette année-là dans le cadre de la Faculté Catholique ; Georges Onofrio en est le premier Directeur. 1888 : E. Marchand découvre les relations Soleil-Terre. En étudiant le magnétisme terrestre, et en rapprochant ses observations de celles de la surface solaire faites (...)
1919 : Création de l’Office National de Météorologie. Ceci marquera le déclin définitif de l’activité météo de l’Observatoire de Lyon, à la grande fureur du bouillant J. Mascart ! Dans un de ces pamphlets dont il a le secret, il traitera l’ONM de "sinécure pour jeunes gens ineptes et inaptes"... On lui rend toutefois justice a posteriori car l’une des motivations de la création de l’ONM est le développement des prévisions météorologiques destinées à l’aviation naissante, prévisions dont il a toujours (...)
Jusqu’à la fin des années 60 : Jean Dufay puis Joseph-Henri Bigay profitent de la remontée progressive des dotations budgétaires pour pratiquer une politique -limitée- d’embauche et de développements technologiques. Ceci permet à l’Observatoire d’occuper une position de premier plan dans des domaines comme la photométrie photographique puis photoélectrique, ou la photométrie infrarouge naissante (autour de Madeleine Lunel). Les sujets d’étude associés vont de la structure galactique (par la photométrie (...)
Le site de Saint-Genis-Laval est de plus en plus pollué : La pollution atmosphérique et la pollution lumineuse, toutes deux dues à l’urbanisation, interdisent toute observation de qualité. La dernière observation destinée à donner lieu à publication doit remonter aux années 40. L’activité de l’Observatoire est donc presque exclusivement diurne, à l’exception notable de brèves périodes de test d’instruments et de visites nocturnes à destination du public. L’équatorial coudé, l’ancêtre devenu (...)